02 Juin La retraite, ça se prépare !

Compte tenu du durcissement des règles des régimes de retraite obligatoire, les Français vont voir leur pouvoir d’achat chuter de moitié après la vie active. Plusieurs solutions existent pour compenser cette baisse brutale de revenu.

Les Français doivent s’attendre à toucher moins que prévu à la retraite. Le taux de remplacement, c’est-à-dire la différence entre le dernier salaire perçu et la pension de vieillesse servie, devrait passer en moyenne de 75% à 50%.

Les réformes des retraites successives ont en effet augmenté sensiblement la durée d’assurance pour faire face à l’allongement de l’espérance de vie. A compter de 2035, il faudra 172 trimestres de cotisation pour percevoir une retraite complète (sans décote), contre 166 trimestres aujourd’hui. Or, compte tenu de l’entrée tardive sur le marché du travail, de l’essor des contrats précaires et des périodes de chômage, il va être de plus en plus difficile de justifier du nombre de trimestres exigé.

Devenir propriétaire

Par ailleurs, pour résorber leur déficit, les régimes complémentaires ne cessent de baisser le rendement de leurs cotisations, ce qui va in fine impacter le montant des pensions complémentaires. C’est ainsi que le pouvoir d’achat des Français pourrait être réduit de moitié, une fois qu’ils auront quitté la vie professionnelle. D’où l’importance de préparer en amont cette chute brutale de revenus.

Premier conseil : acquérir sa résidence principale. En souscrivant vers 40 ans un prêt immobilier sur 20 ans, les mensualités de remboursement du crédit seront entièrement honorées à 60 ans. De quoi appréhender le passage à la retraite avec moins d’inquiétude. Le retraité n’aura alors quasiment plus de dépenses de logement à assumer, hormis les factures (eau, gaz, électricité, téléphone, Internet, assurances), les impôts locaux (taxe foncière et taxe d’habitation), les éventuelles charges de copropriété et les frais d’entretien et de réparation.

Penser au viager

Une fois ses enfants partis, le propriétaire pourra toujours revendre son bien pour acheter un logement plus petit, d’autant que les plus-values immobilières ne sont pas taxées lorsqu’elles sont issues de la cession de la résidence principale. Le capital restant peut être placé pour financer un éventuel hébergement en maison de retraite.

Autre solution pour préparer sa retraite qui redevient en vogue : le viager. Le retraité cède son logement mais il en garde l’usufruit (l’usage) et perçoit un capital (appelé « bouquet ») ainsi qu’une rente viagère versée tous les mois ou tous les trimestres par l’acquéreur jusqu’à son décès. Seul inconvénient pour le rentier : comme le bien ne lui appartient plus, il ne pourra plus le léguer à ses descendants à sa disparition.

Investir dans l’immobilier locatif

Les particuliers, qui disposent d’une bonne assise financière, peuvent se lancer dans l’investissement immobilier locatif. Les loyers perçus constituent un complément de revenu bienvenu à la retraite. Mieux : il existe des dispositifs, comme le « Pinel », le « Censi-Bouvard » ou le « Scellier », qui permettent de défiscaliser une partie du prix du logement à condition que le bien soit neuf ou réhabilité, de le louer durant une certaine durée et à un certain prix. Toutefois, l’immobilier locatif n’est pas toujours une bonne affaire. Outre les frais, impôts et charges, le rendement peut être réduit en cas de vacances du logement ou d’impayés de loyers.

L’assurance vie constitue également un bon moyen de compenser la baisse de ses revenus à la retraite. Des rachats partiels peuvent être programmés, à compter de l’âge de départ. Reste qu’au bout de plusieurs années, le capital risque d’être totalement épuisé. C’est pourquoi le souscripteur a plutôt intérêt à opter pour une sortie en rentes viagères. Le capital est transformé en rentes à compter du départ à la retraite et en fonction d’un taux qui prend en compte l’espérance de vie de l’assuré.

Défiscaliser avec l’épargne retraite

Les produits spécifiques d’épargne retraite sont surtout intéressants pour les contribuables fortement imposés. Ces placements, qui prévoient uniquement une sortie en rentes, offrent un avantage fiscal très intéressant « à l’entrée ». Dans le cas du plan d’épargne retraite populaire (Perp), les cotisations peuvent être déduites des revenus à déclarer au fisc à hauteur de plus de 30.000 euros par an.

Le contrat de retraite Madelin, réservé aux travailleurs non-salariés (artisans, commerçants, chefs d’entreprise, professions libérales), propose une déduction fiscale encore plus élevée : de l’ordre de 70.000 euros par an. Revers de la médaille : il s’agit, à chaque fois, de produits dits « tunnel ». L’épargne est bloquée jusqu’au départ à la retraite, sauf en cas de « coups durs » (décès, invalidité, surendettement, fin des allocations chômage, faillite d’entreprise).