29 Mai Investir en Bourse via l’assurance vie

Peu d’épargnants le savent mais il est possible de détenir des actions dans le cadre d’un contrat d’assurance vie et ainsi de bénéficier de son enveloppe fiscale très avantageuse.

Il n’y pas que les comptes-titres et le plan d’épargne en actions (PEA) pour placer ses économies en Bourse. L’assurance vie permet également d’investir ses deniers dans des titres d’entreprises dans le cadre d’un contrat multisupports. A côté du fonds en euros, essentiellement composé d’obligations d’Etat sécurisées mais peu rémunératrices, ces contrats proposent des unités de compte ou « UC » qui permettent de bénéficier du dynamisme des marchés boursiers.

Ces supports sont majoritairement investis dans des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), eux-mêmes constitués de sociétés d’investissement à capital variable (Sicav) ou de Fonds communs de placement (FCP). Les Sicav et les FCP contiennent des paniers d’actions d’entreprises implantées dans une même zone géographique ou évoluant dans des secteurs d’activité analogues.

Trackers et titres vifs

Les UC peuvent également héberger des Exchange Trade Fund (ETF), plus connus sous le vocable de « Trackers ». Ces fonds de placement sont généralement indexés sur un indice boursier, comme le CAC 40 français, le FTE 100 britannique ou le S&P 500 américain. Enfin, certains contrats d’assurance vie permettent d’acquérir, toujours via les UC, des « titres vifs », c’est-à-dire des actions d’entreprises détenues en direct.

En choisissant la gestion libre, le souscripteur d’une assurance vie peut gérer lui-même son portefeuille. Il est possible de bénéficier de l’expertise d’une gestionnaire de fonds avec la gestion sous mandat, une option qui entraîne des frais élevés et qui est donc plutôt réservée aux « gros » contrats. Plus simplement, l’assuré peut opter pour la gestion « profilée », c’est-à-dire adapté à son profil d’épargnant (prudent, dynamique ou mixte). L’encours d’un contrat multisupports d’un profil « mixte » est ainsi investi à 50% dans le fonds euros et à 50% dans une ou plusieurs UC.

Limitation des pertes

La gestion à horizon (ou « pilotée ») permet, elle, de sécuriser son encours au fil des ans. Plus le souscripteur approche de l’âge de départ à la retraite et plus la part des unités de compte dans son contrat multisupports diminue. En effet, contrairement au fonds en euros dans lequel les versements sont garantis par l’assureur (l’épargnant est sûr de retrouver sa mise) et les intérêts annuels sont définitivement acquis, les UC n’offrent aucune protection. En cas de chute des marchés financiers, c’est l’assuré qui assume les moins-values.

Afin de limiter les risques, il est conseillé de souscrire une option de limitation des pertes (également appelée « stop loss »). Lorsqu’un pourcentage de baisse des cours préalablement défini est atteint, l’épargne investie dans les unités de compte est automatiquement transférée dans le fonds euros sécurisé.

Abattement et prélèvement forfaitaire

Outre une grande souplesse de gestion et une relative sécurité, investir en Bourse au travers d’unités de compte permet aussi de bénéficier des avantages fiscaux de l’assurance vie. Si le contrat a été ouvert depuis plus de huit ans, les plus-values issues des UC sont exonérées d’impôt à hauteur de 4.600 euros par an pour un célibataire et à 9.200 euros par an pour un couple marié ou pacsé déclarant leurs revenus en commun.

Egalement après huit ans de détention, le souscripteur peut, au lieu d’intégrer ses gains à ses revenus à déclarer au fisc, opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 7,5%, particulièrement intéressant pour les contribuables fortement imposés. A noter : les détenteurs d’un monosupport en euros ont la possibilité, grâce au transfert « Fourgous », de le transformer en multisupports tout en préservant l’antériorité fiscale du contrat à condition qu’au moins 20% de l’encours soient investis dans des UC.